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Le procès du développement (5 et 6)
Noureddine El Aoufi | 11 Décembre 2017
     

Aujourd’hui, comment se hiérarchisent les priorités du développement : croissance, équité sociale, qualité des institutions, régionalisation avancée ? 

S’il faut dire d’un mot la finalité du développement, c’est le bien-être pour l’ensemble de la population, en particulier pour les catégories défavorisées. Au sein de l’économie moderne, la production de richesse, matérielle et immatérielle, est davantage fonction de la qualité du capital humain, du potentiel en termes d'innovation, de l'état des droits. L’éducation, la santé de base, le logement et l’emploi forment non seulement le socle irréductible de biens premiers (au sens de la théorie de la justice), mais c’est aussi et surtout la voie vers le bien-être général et le principe procédural du développement auto-entretenu.

La croissance économique est induite par ce socle de priorités. L’efficience ne va pas sans équité, les inégalités sont un frein et la qualité des institutions constitue, on le sait depuis Ibn Khaldûn, une condition de la civilisation matérielle. La démocratie, la bonne gouvernance, la confiance, la participation sont ce que Abdelaziz Belal appelle les « facteurs non économiques du développement. Le développement doit donc  « marcher sur ses deux jambes » : d’une part, les grands programmes sectoriels, les autoroutes, le TGV, la transition écologique. De l’autre, la « couverture des coûts de l’homme » (François Perroux), le renforcement des capacités humaines, l’inclusion, etc., autant de besoins stratégiques que, théoriquement, l’INDH a vocation à satisfaire. Une « bonne initiative » qui, on peut le déplorer, a été réduite dans sa substance par de « mauvaises pratiques ».


Et la régionalisation avancée ? Quelle place dans le développement ?

Il faut repenser le mode du développement dans une optique tenant compte de la géographie variable qui caractérise le Maroc. Le design territorial  doit combiner un double dispositif :

- Un dispositif générique englobant les principes stratégiques du mode développement qui doivent se décliner de façon transversale sur l’ensemble des territoires. Le dispositif doit articuler les modalités « Top down » (politiques générales) et « Bottom-up » (interventions ciblées). Les premières sont justifiées, notamment pour certains secteurs (infrastructures, transport, logistique), par l’importance des coûts fixes et des effets multiplicatifs des investissements.

- Un dispositif dédié comportant des stratégies spécifiques et plus ciblées en fonction des niveaux de développement atteints par une région et des besoins prioritaires des populations. Participant d’un même agencement global, les dispositifs dédiés doivent correspondre aux exigences spécifiques (locales et régionales) du développement. Ils peuvent aussi concerner les formes que recouvre le concept d’ « économie sociale et solidaire ». L’INDH pourrait constituer, à cet égard, une base expérimentale permettant de porter à un niveau plus holistique, à grande échelle la logique transversale et de faire de la démarche de type « Bottom up » un principe de conception et de gestion des politiques de développement local. Le projet de « régionalisation avancée » offre, sous les conditions que je viens d’évoquer, l’opportunité de condenser le mode de développement national dans le cadre d’une gouvernance publique décentralisée et participative.


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