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Le procès du développement (4)
Noureddine El Aoufi | 27 Novembre 2017
     

Pour repenser le développement, beaucoup estiment que cela passe par la qualité des institutions mais aussi par le rôle régalien de l'Etat. Dans cette aspiration à un nouveau modèle économique quelle place de l'Etat et de son mode d'intervention? 

L'Etat est l'agent principal du développement, c'est une leçon importante de l'histoire longue. La Constitution de 2011 recontextualise le rôle de l'Etat en termes stratégiques et polarise ses modes d'intervention autour du « droit au développement ». De ce point de vue, force est de constater que l'engagement de l'Etat sur ce sentier reste inhibé pour plusieurs raisons. Je me limiterai à une seule de ces raisons pour faire vite : le développement exige une verticalité du mode développement et de sa régulation par l'Etat. Or en dépit du flou constitutionnel, la double structure exécutive permet de distinguer, au-delà des fonctions régaliennes classiques de l'Etat, deux niveaux. Le premier est le niveau stratégique qui est un niveau holistique. Il concerne le mode de développement  lequel englobe ce qu'on pourrait appeler les invariants du développement, c'est-à-dire l'ensemble des principes qui s'inscrivent dans le long terme et sur les quels il faut, au préalable, un consensus national : cadre institutionnel, planification stratégique, satisfaction des besoins de la population en éducation, santé, logement et emploi, infrastructures, industrie de base, sécurité alimentaire, stabilité macroéconomique, efficience économique, justice sociale, inclusion, savoir, innovation, recherche et développement, etc. 

C'est à ce niveau que le cap est fixé, la vision définie et que sont déterminées et planifiées les grandes options, les priorités et que sont identifiées les ressources. Comme il s'agit d'objectifs stratégiques de long terme, seule une démarche participative et délibérative est de nature à favoriser l'adhésion et la mobilisation de la population autour de la vision et à lui octroyer une base de légitimité.

Le second niveau est celui des politiques dédiées à la mise en œuvre, au cours du mandat gouvernemental, du régime de croissance : politique budgétaire, monétaire, fiscale, programmation des investissements et des incitations, organisation de la concurrence, gestion des services publics, etc.  Ce niveau n'est pas moins décisif dans la mesure où c'est le gouvernement qui donne de l'effectivité aux choix stratégiques et qui traduit les objectifs dans le quotidien des gens. Par conséquent, l'action du gouvernement ne doit pas être en discordance par rapport aux choix stratégiques. Elle doit réaliser, de façon constante, les appariements et les ajustements nécessaires entre les objectifs et les moyens.


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