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Où le développement des terroirs n'est pas le développement par les terroirs
Noureddine El Aoufi | 8 Janvier 2018
     

L’expérience marocaine en matière de développement des terroirs est largement analysée, à côté d’autres expériences, dans l’ouvrage collectif Terroirs du Sud, vers un nouveau modèle ? Une expérience marocaine (sous la direction de M. Berriane et G. Michon, édition IRD et FLSH de Rabat).

Je voudrai souligner brièvement, à la marge de l’ouvrage, trois séries de questions :

La première a trait à la pertinence du concept de terroir le quel prend, selon les disciplines, des significations plus ou moins différentes, eu égard à la réalité du Maroc. Est-ce qu’on est en présence d’un concept importé ? S’agit-il d’une nouvelle trajectoire liée à la mondialisation ? Est-ce que le « retour aux terroirs » est une forme de protection, d’aide aux catégories de populations du Pilier 2 du Plan Maroc vert ? Ou bien, comme d’aucuns le soutiennent, ce n’est qu’une modalité de soumission l’agriculture traditionnelle à la logique implacable du marché et d’expropriation du savoir paysan, ce qui a pour conséquence de reproduire les mêmes rapports d’exploitation des populations rurales et de les maintenir dans mêmes difficultés structurelles. 

Le transfert au Sud de concepts et de dispositifs forgés et expérimentés au Nord est-ce la panacée ? Pourquoi ne pas faire confiance, précisément, au savoir traditionnel local et  compter sur les mille et une micro innovations, sur les innombrables « bonnes pratiques » moléculaires construites, au fil de l’histoire, au sein du monde rural.

La seconde question concerne les formes de propriété que le terroir implique : à côté de la propriété privé et de la propriété publique, une tradition rurale au Maroc s’est développé, avant le Protectorat, autour du  « commun » (ou Jmâa) dans la production, la répartition, comme dans le processus de prise de décision. Comment s’articulent aujourd’hui ces trois catégories de droits par rapport au terroir lui-même inséré dans une pluralité d’espaces, de logiques, de modes de gestion, etc. 

Enfin, la questiondes liens avec le développement, car il s’agit de deux  niveaux différentes : micro d’un côté, macro de l’autre, local/national, marchand/non marchand, concurrentiel/coopératif, etc. Y a-t-il entre les deux niveaux complémentarité organique, ou agrégation structurelle, ce qui ne fait qu’ajouter à la dualité d’autres dualités? Le développement des terroirs peut-il  enclencher une dynamique de développement par les terroirs ? Quelle réponse peut apporter le terroir à l’injonction royale relative aux échecs du modèle de développement à l’œuvre au Maroc ? Peut-on parler du terroir, ainsi que s le suggère le livre, comme d’un « nouveau modèle pour (re) penser les territoires ruraux autrement qu’à travers le prisme de l’agriculture intensive » ?  Est-ce qu’il n’y a pas une sur conceptualisation de quelque chose qui, sans être un savoir mineur, n’est pas non plus la voie royale vers le développement ?

 


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