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Le rôle de l'économie fondée sur la connaissance dans le développement
Mohammed Benlahcen Tlemçani | 1 Septembre 2018
     

Les économistes du développement admettent, quasiment tous aujourd’hui, qu’en matière de développement économique, une mutation majeure est amorcée pour aller vers une économie globale fondée sur la connaissance et l’interconnexion des acteurs.

Le concept d’économie de la connaissance et du savoir est relativement nouveau dans le vocabulaire des économistes du développement. Cette « nouvelle économie » est associée à la production d’un bien économique d’un type nouveau dont on peut caractériser les attributs sur la base des constats suivants :

- La connaissance n’est pas un bien rival, les agents économiques ne sont pas considérés comme rivaux : le fait d’acquérir et de transmettre une connaissance est un jeu à somme positive.

- Elle est un bien non exclusif ; il convient, au contraire, de la diffuser, de la partager afin d’améliorer les savoirs et les compétences de chacun dans un souci d’efficacité, de productivité et de compétitivité.

- Elle diffère de l’information car elle est liée à l’acteur ;

- La connaissance est un bien public. Elle a des externalités positives (impact sur les tiers sans compensation).

- Elle se ne se détruit pas avec l’usage.

- Elle est cumulative avec la diffusion.

- La connaissance peut être codifiée quand elle passe par des canaux formels. Elle constitue une connaissance tacite lorsqu’elle se transmet par des mécanismes implicites de la société.

La connaissance pour le développement (Knowledge for Development) peut devenir une source de progrès importante dans les économies en développement. Mais cette approche du développement économique a des coûts élevés, en particulier en matière de formation des ressources humaines (Capital humain), d’innovations, de progrès techniques, d’accès aux NTIC, etc.

Certaines économies asiatiques ont fondé leur démarrage économique sur l’investissement dans la connaissance et les résultats ont été probants. Les taux d’éducation supérieure ont été particulièrement élevés au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan et, maintenant, en Chine. La capitalisation du savoir s’est faite au moyen d’investissements considérables dans l’éducation et le savoir (notamment par le retour de la diaspora universitaire). Mais elle s’est aussi faite par des acquisitions de technologie au moyen de copies, de sous-traitance, d’accueil d’industries délocalisées par les pays développés (Hong Kong, Singapour, Corée, Chine, etc.).

Les technologies de l’information et de la communication ont, d’une façon générale, stimulé le développement en contribuant à l’amélioration des services publics, au développement agricole, à une plus grande efficacité de l’économie de services, à de meilleures performances des collectivités locales, à la création d’opportunités pour la démocratisation.

Mais l’économie de la connaissance et du savoir n’est pas exempte de risques et de dérives, elle peut accentuer les inégalités. Elle dépend d’une technologie que seuls ceux qui ont eu accès à l’éducation peuvent capitaliser. Le fossé peut se creuser entre ceux qui ont accès aux moyens et à la formation et les exclus.

Les moyens de l’économie de la connaissance et du savoir risquent aussi d’être dominés par l’appropriation des brevets et donc de passer sous la coupe des grandes firmes multinationales.
Les Etats doivent jouer un rôle important dans le développement de l’économie de la connaissance et du savoir, mais cette nouvelle économie ne peut pas se développer à la seule initiative des Etats. Elle exige un partenariat avec les entreprises du secteur TIC et une nouvelle éthique de l’entreprise.
La responsabilité des Etats est principalement de promouvoir une vision commune du futur de l’économie de la connaissance et du savoir et, par ailleurs, d’éviter les dérives, notamment en défendant les particularités et spécificités culturelles. C’est aux politiques publiques que revient la responsabilité de la régulation et de la création d’un environnement porteur.

Par ailleurs, cette nouvelle économie exige un partenariat avec les entreprises du secteur TIC et une nouvelle éthique de l’entreprise. Cette stratégie met en avant la responsabilité des entreprises et l’exigence de la transparence (Corporate Accountability). La responsabilité collective des entreprises (CSR, Corporate Social Responsability) devient, dans ce contexte, une préoccupation majeure. Elle implique, vis-à-vis des actionnaires et des consommateurs, une transparence d’un nouveau genre quant aux impacts des activités des entreprises sur l’environnement et sur la société.

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