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Flexibilité du Dirham : La justification théorique est-elle en adéquation avec les spécificités économiques et institutionnelles du Maroc ?

8. Régime de change du Dirham : du rattachement au Franc français à une gestion plus active

Nicolas Moumni | 15 Mai 2019
     

Après son indépendance, le Maroc devait choisir le régime de change (fixe, intermédiaire ou flottant) le plus adapté à son développement. Le processus de réformes structurelles engagées par le Royaume n’avait pas intégré explicitement le taux de change comme instrument d’ajustement  de sa compétitivité commerciale. Les résultats de ces réformes ont été plutôt mitigés. La croissance économique n’était pas régulière et était restée fortement dépendante de l’agriculture.  

A la fin des années 1950, le Maroc avait un faible degré d’ouverture économique et financière. De par ses liens historiques et économiques, la France comptait environ 47% de son commerce extérieur. L’absence d’une politique active de change s’est traduite par un rattachement du Dirham marocain, lors de sa création en octobre 1957, au Franc français. Mais les turbulences monétaires et les crises provoquées dans les marchés internationaux de capitaux  par la fin du régime de change fixe de Bretton-Woodsont poussé le Maroc  à opter  pour le régime de change le plus approprié.

En effet, le passage de la plupart des pays développés au régime de flottement et la dévaluation du dollar en 1973 ont provoqué de fortes  instabilités dans  la parité Franc/Dirham. En mai 1973, les autorités monétaires marocaines ont rompu le lien du Dirham avec le Franc français en faveur d’un régime administré défini par un panier de neuf  devises des principaux partenaires économiques du Maroc. Désormais, une politique de change active sera mise en place ayant pour objectif la gestion de la stabilité effective de la monnaie nationale en vue d’une meilleure compétitivité du commerce extérieur marocain.

Selon le courant libéral, du fait de la forte présence de l’Etat dans l’économie, les déséquilibres macroéconomiques se sont traduits par une augmentation de l’endettement en devises aboutissant à une crise des paiements extérieurs. Cette situation a conduit les autorités monétaires marocaines, à partir de 1982,  à utiliser le taux de change comme un instrument d’ajustement à long terme des déséquilibres extérieurs dans la politique commerciale du Maroc (Fadlallah, 2010).

D’après la Banque mondiale, jusqu’au début des années 1980, le Dirham s’était apprécié dans un premier temps de plus de 15% de son cours effectif. Au cours de la décennie 1980, Bank Al-Maghrib  adopta une politique active de change en vue, notamment, de soutenir les exportations du Maroc. Le pays a aussi  mis en place une libéralisation du commerce extérieur, du contrôle de change et de la sphère financière (PAS de 1983). Cette nouvelle impulsion par une politique de change moins rigide use des dévaluations afin d’atténuer les effets de la  surévaluation du Dirham défavorables à l’exportation. Désormais, le taux de change sera utilisé comme un instrument d’ajustement macroéconomique dans la gestion de la contrainte extérieure. Il s’agit d’une nouvelle stratégie d’industrialisation basée sur une politique plus clairement affichée de promotion des exportations en lieu et place de l’industrialisation  par substitutions aux importations.

La gestion plus active du taux de change avait pour objectif de permettre à l’économie marocaine de pouvoir faire face aux  déséquilibres et aux chocs externes. Ces réformes devaient aboutir, durant les années 1990, à la convertibilité partielle du Dirham, à l’instar de nombreux pays en développement.

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