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Changer de modèle, mais quel modèle ?
2. Les stratégies de l'offre : quel référentiel ?
Redouane Taouil | 26 Mars 2018
     

« Les hommes d'action qui se croient parfaitement affranchis des influences doctrinales sont d'ordinaire les esclaves de quelque économiste passé ». Cette affirmation de Keynes, éclatante de pertinence, invite à mesurer le poids des opinions et idées dans le façonnement de la réalité et l’orientation des comportements. Sous cet angle, les stratégies de l’offre, que d’aucuns appellent de leur vœux, doivent être interrogées d’autant qu’elles sont au centre du logiciel des politiques conjoncturelles et de la réforme des marchés à l’œuvre au Maroc.

Toute politique économique porte l’empreinte de  la théorie. La politique de l’offre repose, pour sa part, sur une représentation du comportement de l’économie dont la pierre angulaire est la parfaite flexibilité des prix, des salaires et du taux d’intérêt. Selon cette représentation, le marché du travail fixe l’emploi et le salaire à un niveau tel que la pleine utilisation du travail est assurée. Ce même niveau détermine, compte tenu des conditions techniques de production en vigueur, l’offre globale, laquelle s’impose au marché du capital où elle se répartit en épargne et investissement et par là même à la demande de consommation et d’investissement. Dans ces conditions, toute offre excédentaire de travail induit une baisse du salaire réel et accroît l’emploi. L’apparition du  chômage et le déficit d’offre sont nécessairement le résultat d’obstacles à  l’ajustement par les prix. Il s’ensuit que les marchés possèdent des forces stabilisantes que le décideur public ne doit pas  entraver par des interventions destinées à agir sur la demande ou à lutter contre le chômage. Pour autant, il doit assigner à la politique économique l’objectif de stabilité. A cet effet, il doit s’attacher à mettre en place des dispositifs institutionnels en mesure de garantir la limitation du déficit budgétaire, la soutenabilité de l’endettement et la maîtrise de l’inflation. L’adoption de règles explicites dans ce domaine est tenue pour une condition sine qua non à la croissance. D’autre part, les autorités publiques doivent  mettre en œuvre des réformes de structures destinées à libérer les marchés des produits, du travail et du crédit des entraves réglementaires, à renforcer la concurrence et à élever le potentiel de croissance.

C’est à ce référentiel que s’adosse la politique économique au Maroc. Les politiques d’offre, proférées aujourd’hui en chœur comme remède à l’insuffisance de la croissance, sont bel et bien mises en œuvre. Leurs performances contrastent avec les vertus qui leur sont prêtées. La croissance reste globalement molle, dépendante de l’agriculture et faiblement créatrice d’emploi.


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