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La transformation digitale, que l’on appelle parfois aussi transformation numérique  est partout ! Que l’on parle de révolution numérique ou de changement des modes de production ou de consommation, la vie économique est directement impactée par cette mutation. La digitalisation s’inscrit dans le cadre de l’adoption généralisée des innovations technologiques dans le numérique.

Ces nouvelles pratiques représentent une part encore limitée des activités économiques, mais leur progression est rapide. A l’image de la révolution industrielle qui a profondément modifié la société du XIXème siècle, la transformation digitale bouleverse notre société actuelle et fait désormais partie intégrante de notre quotidien professionnel et personnel, et surtout elle est amenée à se développer et à s’intensifier dans les prochaines années. Qu’il s’agisse d’entreprises ou de consommateurs, personne ne peut y échapper vu que le monde digital est une vision fortement ancrée.

Qu’est-ce que la transformation digitale ?

La transformation digitale ou digitalisation, désigne les changements liés à l’intégration de la technologie digitale dans la société humaine et se base sur plusieurs grands piliers : la mobilité, le temps réel, l’internet des objets, le Big Data, l’universalité d’internet, et depuis peu l’IA (Intelligence Artificielle).

La transformation digitale n’est pas que l’affaire des entreprises. Au cœur de cette mutation se trouve aussi le consommateur, celui qui a évolué et qui a changé ses modes de consommation. Faisons donc la distinction entre la transformation digitale concernant les entreprises et celle concernant les consommateurs :

  • Pour les entreprises, elle désigne le processus qui permet aux entreprises d’intégrer toutes les technologies digitales disponibles au sein de leurs activités. Toutes les structures sont ainsi concernées dès lors qu’elles intègrent le digital et qu’elles cherchent à innover en intégrant les nouveaux modes de consommation. La transformation digitale des petites entreprises est ainsi une réalité au même titre que pour les grands groupes.
  • Pour les consommateurs, elle désigne l’utilisation de toutes les technologies digitales disponibles, afin d’améliorer la qualité de leurs consommations, et contribuer à une élévation globale de leurs niveau de vie.

 

La transformation digitale et le développement de pratiques innovantes

La transformation digitale s’inscrit dans le cadre de l’adoption généralisée des innovations technologiques dans le numérique. Ces nouvelles pratiques représentent une part encore limitée des activités économiques, mais leur progression est rapide.  En effet, on enregistre une croissance progressive du montant global des transactions générées par ces pratiques sur les plateformes d’économie collaborative.

Avec la multiplicité des transactions rendues possibles grâce à Internet, s’est donc très vite fondée la discipline de l’économie numérique pour étudier quelques manifestations de la digitalisation de l’économie. Ainsi, au-delà des aspects purement quantitatifs tels que la réduction des coûts de transaction liée à la désintermédiation ou la démarchandisation totale ou partielle et l’accès à un plus grand nombre de biens et services en ligne, la digitalisation favorise l’émergence et/ou le développement de pratiques innovantes, influençant nos modes de production, de consommation et d’échange.

D’un côté, l’Internet renforce la logique marchande en intensifiant le jeu du marché par la confrontation instantanée des choix possibles, de l’autre, il facilite le développement d’autres types d’échanges soutenus par une logique de démarchandisation. C’est donc une liste des avantages qu’on ne saurait exhaustivement citer. En dépit des bénéfices qu’elle peut générer, la digitalisation de l’économie est source de questionnements, voire d’inquiétudes, notamment à propos de l’emploi et du travail. Fondamentalement, il s’agit d’intégrer de nouvelles formes d’activités dans des cadres économiques, juridiques, législatifs et statistiques où elles n’ont pas de place.

La digitalisation et le développement

Les relations controversées entre les technologies numériques et l’emploi renouvèlent la nécessité d’engager de profondes discussions quant à la place et l’impact de la digitalisation dans le processus de développement, de gouvernance, de décision. Principalement dans les pays en développement, l’enjeu est double ; d’abord vu la structure de production à dominance traditionnelle dans ces économies avec des infrastructures limitées ; puis ensuite du fait que la digitalisation comme le phénomène de la globalisation emballe de force toutes les économies qui se doivent de migrer vers, pour une adoption d’innovations technologiques. Ces innovations concernent toutes les fonctions économiques et de gestion, tous les domaines et sont de toutes sortes : la production, la consommation, l’investissement, la finance, le commerce, la gouvernance, la gestion des ressources humaines, l’emploi, le marketing et la logistique. L’impact de la digitalisation sur les économies des pays en développement, est une thématique importante qui mérite d’engager des recherches approfondies et éclairées pour mieux orienter les décideurs.

Par ailleurs, à l’évocation de la transformation digitale dans les pays en développement, un premier constat se profile : la digitalisation est en bonne voie, toutefois, il existe des disparités entre les continents et entre pays d’un même continent. D’un côté, nous avons des champions de la transformation digitale, suivis par les challengers, et enfin les pays où la transformation digitale n’est pas une priorité pour l’instant, notamment parce qu’ils vivent une situation de tensions ou de conflits.

Pour développer l’économie digitale, deux éléments de base s’imposent. D’abord une infrastructure de TIC conséquente pour lancer des services digitaux. On ne peut pas prétendre avoir des services d’e-learning ou du e-santé par exemple si l’on ne dispose pas d’une infrastructure adéquate… Et contrairement aux infrastructures classiques, celles des TIC demandent surtout une impulsion et une vision claire pour être au même niveau et avoir les mêmes technologies que celles des pays avancés.

Les indicateurs sur les infrastructures de communication et l’économie digitale nous rapprocheraient vite de la réalité de la transformation digitale dans les pays en développement: En Afrique, seulement 17 % de la population dispose de suffisamment de moyens pour se procurer un gigaoctet de données, contre 37 % en Amérique latine et Caraïbes et 47 % en Asie.

Un autre élément de base pour développer une économie digitale, ce sont les ressources en termes de talents, et donc l’obligation de disposer d’un capital humain formé dans les TIC, d’où la nécessité de lancer des programmes de formation avec des institutions locales, des départements ministériels nationaux de tutelle, dont l’objectif est de former des élèves ingénieurs par pays.

L’accès à l’Internet reste hors de portée pour la plupart des habitants du continent, les startups numériques peinent à attirer des financements et les entreprises « traditionnelles » n’adoptent que lentement les technologies et plateformes numériques pour stimuler la productivité et les ventes. Peu de gouvernements investissent de manière stratégique et systématique dans le développement de l’infrastructure, des services, des compétences et de l’esprit d’entreprise numériques.

Les pays en développement doivent voir grand en matière de développement numérique. Au rythme actuel des réalisations socio-économiques, un grand nombre de jeunes se verront refuser la possibilité de réaliser leur potentiel. Les technologies numériques offrent une chance de corriger cette trajectoire, en ouvrant de nouvelles voies pour une croissance économique rapide, l’innovation, la création d’emplois et l’accès à des services qui auraient été inimaginables il y a seulement dix ans.

Dans une vision universelle, l’économie digitale devrait immanquablement accélérer la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Finalement, il n’y aurait pas de secret à mettre en place une réelle économie digitale : une volonté politique, des investissements ciblés, des infrastructures numériques de qualité et des ressources humaines talentueuses pour relever le défi des dix prochaines années.

L’économie digitale va « booster » les économies émergentes. Elle devra permettre aux pays en développement de jouer, d’ici 2030, un rôle plus important, avec à la clé plus d’investissements étrangers, une réduction du taux de chômage et plus d’opportunités pour que les jeunes puissent révéler leurs talents.